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Un IT au service du bien peut-il exister ?

Rédigé par La rédaction du C3D, le 7 juillet 2023

Le Salon Vivatech, qui s’est tenu récemment, a rassemblé plus de 150 000 personnes qui ont pu défiler entre les innovations futuristes et les personnalités du monde de la tech. 

Parmi les air scooters, robots livreurs, hologrammes de réunion, sport extrême en réalité virtuelle et autres innovations extravagantes, la prise en compte des enjeux de transition se fraye petit à petit un chemin dans le milieu. Mais un IT au service du bien et des enjeux de transition peut-il réellement exister ? 

Technologies du numérique, problèmes ou solutions ?

Les technologies du numérique ont longtemps été perçues comme une solution à de nombreuses problématiques environnementales, sociales ou encore économiques : optimisation de l’utilisation de l’énergie, systèmes intelligents de gestion du trafic, télémédecine…

Pourtant elles soulèvent aussi de nombreux problèmes. Loin d’être immatériel, ce secteur est responsable de 2,5 % des émissions de gaz à effet de serre en France, un chiffre amené à tripler d’ici 2040 si l’on suit ce rythme. 

Et les problèmes liés aux technologies du numérique ne s’arrêtent pas là : épuisement des ressources naturelles, travail des enfants dans les mines, conditions de travail dans les usines, déchets électroniques, fracture sociale… Ces impacts environnementaux et sociaux touchent l’ensemble de la planète et occasionnent des effets sur le long terme. 

Pourtant, les technologies du numérique peuvent véritablement apporter des solutions. D’ailleurs 68 % des Européens font confiance aux start-up pour relever les grands défis environnementaux (Toluna Harris Interactive et VivaTech 2023).

L’IT for Good ou la technologie au service du bien commun

Plusieurs exemples de technologies prouvent aujourd’hui qu’il est possible de mettre la tech au service de l’intérêt général. Les social tech, par exemple, sont des entreprises du numérique à but non lucratif, ou limité, qui cherchent à redonner au secteur du numérique ses objectifs d’origine, à savoir le lien social, l’entraide, le partage… 

Au salon Vivatech 2023, plusieurs initiatives de Tech for good sont sorties du lot : c’est le cas de la start-up Save Your Wardrobe qui permet aux utilisateurs de trouver des services d’entretien, de lavage ou de réparation pour leurs vêtements et ainsi leur permettre d’étendre leur durée de vie et limiter leur remplacement. La fin-tech Iceberg Data Lab qui fournit de la data environnementale aux institutions financières en compilant les rapports RSE disponibles s’est également fait connaître.

Comment envisager une tech for good vertueuse ?

Les impacts des innovations technologiques sont en partie dû au phénomène d’effet rebond : les gains d’efficacité (économiques, énergétiques, …) d’une technologie sont effacés par l’accroissement de son utilisation, de sa consommation. Nous sommes par exemple en mesure de fabriquer des voitures avec des systèmes moins consommateurs d’énergie. Or, ce gain d’efficacité est noyé par la taille toujours plus grande de ces voitures qui consomment donc beaucoup plus. 

Une tech vertueuse, au service de l’intérêt général, mais aussi respectueuse des limites planétaires, est possible mais celle-ci doit être pensée en amont. Il est indispensable d’avoir conscience et de mesurer les impacts potentiels d’une technologie  au regard des limites planétaires et des enjeux de transition avant son développement. 

Dans ce contexte, l’innovation frugale permet de mettre l’accent sur la création de solutions innovantes, abordables et adaptées aux contraintes des ressources limitées. Elle repose sur l’idée que les contraintes budgétaires et les ressources limitées peuvent être des catalyseurs de l’innovation, en poussant les individus et les organisations à trouver des solutions créatives et économiques pour répondre aux besoins essentiels.

Penser un IT for good c’est finalement surtout accepter le fait que le numérique n’est pas la solution à tout, qu’il s’agit avant tout de transformer les habitudes de consommation, d’adopter une vision sobre