Après avoir travaillé une dizaine d’années dans le marketing, Virginie Gatin a souhaité s’orienter vers le développement durable, qui « permet des actions beaucoup plus transverses dans l’entreprise, qui influence la stratégie globale, et apporte une vision beaucoup plus holistique de l’organisation et de ses interactions avec la société  ». Elle a choisi de compléter sa formation initiale en suivant le master Développement Durable et Organisations de l’Université Paris-Dauphine. A la fin de son master, en février 2011, elle rejoint JCDecaux en tant que Directrice Développement Durable et Qualité.

Elle découvre le C3D grâce à Fabrice Bonnifet qui dispensait des cours à l’université Dauphine et rejoint l’association dès sa prise de poste chez JCDecaux. Assez rapidement, elle a souhaité s’investir dans le réseau : d’abord sur la communication du C3D avec le suivi du développement de la nouvelle identité visuelle de l’association, puis via la co-animation du groupe de travail « Achats responsables » avec Hélène Babok-Haeussler (anciennement chez Steelcase), avant d’en assurer le pilotage complet au départ d’Hélène.

Un objectif : monter collectivement en compétence sur les achats

L’ambition dès l’origine de ce groupe était d’aider les membres du C3D à monter collectivement en compétence sur le sujet des achats responsables. Le peu d’outils et de méthodologies disponibles ou éprouvés à l’époque ont décidé le groupe de travail à élaborer son propre outil, avec l’aide du groupe Bouygues et d’Alstom, qui étaient déjà bien avancés et matures sur le sujet.

Pendant un an, le groupe de travail s’est réuni très régulièrement pour élaborer un outil d’autodiagnostic de maturité d’une Politique Achats Responsables avec comme objectif de construire un outil polyvalent et adapté aux besoins de chacun, permettant d’amorcer ou de renforcer une politique d’achats responsables. Un certain nombre de responsables d’entreprises se sont beaucoup investis et impliqués dans ce projet. Ce travail de longue haleine a permis de livrer un outil partagé au sein du C3D.

Un livrable remarqué pour amorcer une démarche : l’« outil d’autodiagnostic de maturité d’une politique achats responsables »

Une fois l’outil finalisé et mis à disposition de tous les membres du C3D, le groupe de travail a entamé un cycle de présentation des politiques mises en place par les entreprises françaises et d’échange de bonnes pratiques d’entreprises adhérentes du C3D en matière d’achats responsables. Ont ainsi été passés en revue les politiques achats d’Alstom, du groupe La Poste, du groupe Bel, de JCDecaux, de la Société Générale et du groupe Arkema, avec à chaque fois des échanges de grande qualité et une grande liberté de parole dans les questions et les échanges entre pairs.

Donner la parole à des experts et personnalités avec lesquels échanger en petit comité

Le groupe de travail s’est également penché sur des sujets d’actualité comme le devoir de vigilance des sociétés mères et les attentes des parties prenantes externes comme les agences de notation extra-financière. Les objectifs de ces échanges étaient à la fois de mieux comprendre les grands enjeux internationaux des achats mais aussi d’ouvrir la discussion avec de nouveaux interlocuteurs.

C’est ainsi que le groupe de travail a pu entendre des personnalités très différentes sur des sujets variés, d’un représentant d’Ecologic sur les nouvelles obligations des entreprises en matière de traitement des DEEE, à Catherine Roux de l’AFJE sur la judiciarisation de la RSE, en passant par des représentants d’Ecovadis, du CDP sur leurs outils et approches d’évaluation, aux investisseurs et agences de notation tels que Vigeo, Mirova, Amundi ou encore RobecoSAM.

Encore beaucoup de sujets à explorer et un groupe LinkedIn dédié pour prolonger la dynamique

Et l’aventure de ce groupe ne va pas s’arrêter là. Comme le précise Virginie Gatin, « Le groupe de travail est loin d’avoir exploré tous les sujets, d’autant que l’actualité vient ouvrir de nouveaux débats, avec la publication prévue en 2017 de la norme ISO 20400 sur les achats responsables et de la loi sur le devoir de vigilance. De même que nous devrons regarder ce qui se fait au niveau européen et international. Nous avons en tout listé plus d’une quinzaine de sujets potentiels que nous pourrions traiter et nous finissons d’interroger les membres du C3D pour connaître leurs attentes. Pour la suite, notre idée c’est d’utiliser au mieux le levier du C3D qui bénéficie maintenant d’une certaine reconnaissance et notoriété pour faire venir des intervenants de haut niveau que l’on a pas l’occasion de voir en petit comité, avec cette possibilité d’échanger qualitativement avec eux et de poser les questions qui nous intéressent. Et nous réfléchissons aussi à d’éventuels nouveaux formats pour qu’un maximum d’adhérents puissent profiter de ces temps de rencontre et ces échanges privilégiés ».

Le groupe LinkedIn dédié au groupe « Intégration de la RSE des achats » est d’ailleurs un de ces outils qui doivent permettre une poursuite des échanges au-delà des réunions, en facilitant le partage d’informations, l’entraide entre membres ou bien pour faire des annonces susceptibles d’intéresser la communauté. Que les membres du C3D intéressés n’hésitent pas à faire une demande pour rejoindre ce groupe LinkedIn qui renforcera cette communauté de responsables développement durable/RSE intéressée par les sujets achats.