Les rapports relatifs aux effets de l’Homme sur la diversité animale se multiplient et sont unanimes : la biodiversité connaît une perdition critique, tant au niveau du nombre d’espèces qu’au niveau des individus composant ces espèces. Le dernier rapport Planète Vivante, du World Wild Fund (WWF), démontre en effet que l’abondance moyenne des espèces a diminué de 60 % entre 1970 et 2014. Pour enrayer ce phénomène, le réalisateur Christopher Nelius et Rob Galluzzo ont créé en partenariat avec les Nations Unies, The Lion’s Share, un programme destiné à reverser une partie des revenus provenant des campagnes publicitaires à la préservation du vivant. En mars dernier, JCDecaux, numéro un mondial de la communication extérieure, a rejoint le mouvement. Décryptage de cet engagement.

The Lion’s Share Fund, une initiative originale pour préserver la biodiversité animale

En juin 2018 à Cannes, l’acteur Nikolaj Coster-Waldau, ambassadeur du Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), annonçait le lancement du fonds The Lion’s Share. Cofondé et soutenu par le PNUD, ce fonds est le fruit de l’initiative du réalisateur Christopher Nelius et de Rob Galluzzo, fondateur de FINCH, une société de production australienne.

Le principe de fonctionnement du fonds est simple : les entreprises partenaires s’engagent à reverser 0,5 % de leur dépense pour chaque publicité faisant figurer un animal. Les médias associés peuvent également choisir de faire don d’un pourcentage des revenus issus des publicités présentant des animaux sur leurs plateformes et/ou offrir un espace médiatique au fonds Lion’s Share.

Selon le journaliste scientifique David Attenborough, ambassadeur spécial de The Lion’s Share : « Les animaux apparaissent approximativement dans 20 % des publicités. Malgré cela, ils ne bénéficient pas du soutien qu’ils méritent ». C’est pourquoi, l’objectif de ce fonds est ambitieux : lever plus de 100 millions de dollars par an sur les trois prochaines années grâce aux contributeurs et leurs annonces publicitaires faisant apparaître un animal.

L’ensemble des fonds récoltés vise à financer des projets de conservation partout à travers le monde, mais les projets emblématiques visent essentiellement la promotion du bien-être animal, la préservation des grands félins, la lutte contre le commerce illégal d’ivoire et de cornes de rhinocéros ou encore la sécurisation d’un million d’hectares de terres sauvages pour que les animaux puissent vivre sans perturbation humaine.

La nécessaire préservation du vivant face à la Sixième extinction

La Terre a déjà connu des périodes d’extinction massive. Lors des dernières 500 millions d’années, le phénomène s’est produit à cinq reprises. L’épisode le plus connu est la fameuse crise Crétacé-Tertiaire, connue pour la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années en raison d’un épisode volcanique d’ampleur, corrélé à la chute d’une météorite dans la péninsule du Yucatán au large du Mexique. Sauf que le phénomène actuel n’est lié à aucun événement climatique particulier mais à une espèce animale : la nôtre, homo sapiens sapiens. Qui plus est, contrairement aux épisodes précédents, l’extinction actuelle du biotope est d’une rapidité sans précédent d’après un article paru dans la revue Science Advances en juin 2015.

Si les scientifiques n’hésitent plus à affirmer qu’une sixième extinction est bel et bien en cours, ils considèrent que ce phénomène peut encore être enrayé, en intensifiant les efforts de conservation. Mais la fenêtre de temps restant pour le faire est courte, et de plus en plus courte.

Les menaces les plus importantes auxquelles doivent faire face les espèces menacées inscrites sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature d’après un article paru dans Nature sont de deux types : l’agriculture et la surexploitation. Outre ces menaces qui pèsent sur l’ensemble des espèces menacées, pour les grands mammifères dont les emblématiques lions, tigres, rhinocéros et éléphants, les causes du déclin sont liées au trafic illégal. Celui-ci ne faiblit pas et tend même à se renforcer sur internet selon le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), malgré des efforts pour l’enrayer.

C’est notamment pour préserver ces espèces braconnées qu’a été créée l’initiative The Lion’s Share à laquelle JCDecaux a pris part. Dans le cadre de ce partenariat, toute marque qui fait appel à l’image d’un animal dans l’une de ses campagnes publicitaires (réel, sous forme d’image de synthèse ou d’un dessin) peut faire le choix de reverser 0,5 % de son coût média à The Lion’s Share. Ce don permet ensuite au Fonds du PNUD de financer la conversation de la vie sauvage et la protection des animaux à échelle mondiale.

JCDecaux et The Lion’s Share : un partenariat prometteur  

A l’occasion du One Planet Sumnit, conférence internationale sur les changements climatiques portée par la République française et organisée à Nairobi au Kenya mi-mars, JCDecaux a annoncé rejoindre le fonds The Lion’s Share comme partenaire.

Le Groupe se joint ainsi à la société de production FINCH et à Mars Incorporated, les partenaires fondateurs. En tant que numéro un mondial de la communication extérieure, avec une présence dans plus de 80 pays, 4 000 villes et une audience quotidienne de plus de 410 millions de personnes, JCDecaux a souhaité rejoindre l’initiative afin de porter l’enjeu du fond et ses engagements auprès du plus grand nombre.

En effet, JCDecaux s’est engagé auprès du Lion’s Share à sensibiliser le grand public et l’écosystème de la publicité (agences et annonceurs) via des campagnes de sensibilisation. Les Cannes Lions – Festival International de la créativité – qui se sont tenus à Cannes du 17 au 21 juin 2019 furent une occasion unique de sensibiliser les annonceurs à l’initiative du Lion’s Share. C’est pourquoi le fonds du PNUD et JCDecaux ont décidé de mener une première campagne de sensibilisation à Cannes lors de l’événement, afin de promouvoir l’initiative et encourager des annonceurs ou d’autres médias à rejoindre les engagements du fond. La participation du Lion’s Share à Cannes fut couronnée de succès, l’initiative ayant été primée de la récompense ultime : le Grand Prix du Festival pour les Objectifs de Développement Durable. D’autres campagnes de sensibilisation du grand public sont également à l’étude.

Le groupe JCDecaux conscient de l’influence positive qui est la sienne au quotidien souhaite donc à travers ce nouveau partenariat poursuivre ses engagements en faveur de la préservation de la biodiversité.

Jean-Sébastien Decaux, le Directeur Général Europe du Sud, Belgique, Luxembourg, Afrique et Israël, et membre du Directoire de JCDecaux déclarait ainsi en ce sens : « Nous sommes fiers que JCDecaux s’engage à contribuer aux Objectifs de Développement Durable des Nations-Unies à travers ses actions au quotidien dans le monde. Après notre partenariat avec WildAid en 2018, qui visait à mettre fin au trafic d’animaux sauvages, l’initiative mondiale de The Lion’s Share renforce notre engagement pour la préservation et la protection de la biodiversité ».

L’aspect environnemental du développement durable est inscrit au cœur de la stratégie de l’entreprise depuis de nombreuses années. Elle intègre plusieurs actions destinées à réduire l’impact énergétique et à promouvoir l’innovation pour le respect de l’environnement. Un partenariat comme celui initié avec le fonds The Lion’s Share permet à l’entreprise de s’impliquer encore davantage pour enrayer la disparition des grands mammifères, ce qui s’inscrit en totale adéquation avec les attentes de ses partenaires et plus généralement de la société.