Deux ans après l’Accord de Paris, comment votre stratégie climat a-t-elle évolué pour tenir la trajectoire des 2° ?

La COP21 a permis à SNCF de renforcer à tous les niveaux l’appropriation des questions climatiques, et de s’affirmer – légitimement – comme étant « du côté des solutions » : en France, le train assure 9 % des transports voyageurs et marchandises, et seulement 0,8 % des émissions de CO2e du secteur. Guillaume PEPY, Président de SNCF, souhaite que le triptyque « Shift/Avoid/improve » issu de travaux de l’ONU soit mis en œuvre : « nous devons agir pour d’abord optimiser les déplacements, puis utiliser les moyens les plus sobres, et enfin optimiser l’utilisation de chaque moyen de transport. Le ferroviaire, le transport collectif, les modes actifs (vélo…) et le transport « porte-à-porte » bas carbone sont nos meilleurs atouts pour la planète et des domaines d’excellence pour les entreprises françaises. » (Tribune du Monde du 16/11/2016)

Nos 3 leviers contributifs à la trajectoire des 2° :

  • Favoriser le report modal (Shift) : Nous communiquons les émissions de CO2e des trajets pour montrer les enjeux climatiques et l’utilité des mobilités collectives. Pour promouvoir le train moins émissif en CO2e, nous l’interconnectons aux différents modes de transport « bas carbone » : stationnement sécurisé des vélos en gare, auto-partage, covoiturage, réservation de taxis & VTC, location de voitures… Côté marchandises, nous combinons les modes de transport par zone de pertinence (fer, routier, maritime) pour réduire les émissions jusqu’au point de livraison (véhicules au gaz ou électriques).
  • Réduire les déplacements (Avoid) : SNCF agit afin d’éviter les déplacements inutiles par de nouveaux services en gare (points de livraisons, commerces, paniers fraicheur…) et de nouvelles fonctionnalités (lieu de télétravail/tiers lieux…).
  • Réduire les émissions de nos activités (Improve) : Le groupe public ferroviaire s’est engagé à baisser de 20 % ses émissions de GES entre 2014 et 2025, comme annoncé à la COP21 et publié sur la plateforme de l’ONU (NAZCA). Pour l’ensemble du Groupe (y compris filiales en France et à l’étranger), SNCF se donne comme objectif d’améliorer sa performance énergie de 20 % et sa performance carbone de 25 % entre 2015 et 2025.

Principales actions depuis la Cop21 :

  • Plan économie d’énergie de traction : compteurs, Opti-Conduite et mode économique ;
  • Mise en service de nouvelles rames économes en énergie ;
  • Massification des trafics, transfert du thermique vers l’électrique du Fret ferroviaire, optimisation du parc de véhicules routiers et réduction des consommations moyennes ;
  • Plan économie d’énergie des bâtiments (gaz, fioul, électricité) et éclairage des gares par LED ;
  • Sensibilisation des collaborateurs SNCF avec notamment la création d’une plateforme « Cap Ecogestes ».

Exemple d’actions concrètes d’atténuation ou d’adaptation chez SNCF

Voici l’exemple d’innovation technologique : Opti-conduite. Il s’agit d’une interface intégrée au dispositif de conduite embarquée. Elle indique au conducteur la vitesse lui permettant d’optimiser la consommation d’énergie du train, tout en garantissant d’arriver à l’heure. Cette indication est actualisée en temps réel par l’algorithme présent dans le dispositif. Déjà déployé auprès de 96 % des 1 500 conducteurs de TGV, Opti-conduite sera progressivement mis en place dans les autres activités. L’outil a notamment été testé avec succès sur des circulations Intercités.

En seulement 4 ans, le projet Opti-Conduite a abouti à l’industrialisation d’une solution représentant un potentiel d’économies d’énergie de 8 %.

Ce projet permet également d’améliorer la sécurité, la fiabilité du matériel et le respect des horaires. A noter que SNCF est le premier consommateur d’électricité de France avec 9 TWh consommé en 2015, soit l’équivalent de la production annuelle d’une centrale nucléaire.

Illustrations de l’affichage sur la tablette des conducteurs.