Deux ans après l’Accord de Paris, comment votre stratégie climat a-t-elle évolué pour tenir la trajectoire des 2° ?

Comme tous les produits agricoles, la culture de café est menacée par les aléas du climat. Si la trajectoire de 2° n’est pas mise en œuvre, 50 % des zones de production de café pourraient disparaître d’ici 2050 selon le dernier rapport du Climate Institute… Chez Nespresso, nous sommes convaincus que, pour sauver le café de haute qualité, nous devons adopter à la fois une stratégie de lutte contre le dérèglement climatique et d’adaptation face à ces changements.

L’année 2015 a marqué un pas important pour Nespresso France en termes de stratégie Climat. D’abord, concernant la réduction des émissions de CO2, nous avons adopté un pilotage resserré avec des résultats tangibles :

  • Réduction de 25 % de la consommation d’électricité en boutique ;
  • Augmentation du taux de recyclage de nos capsules et développement de la collecte sélective ;
  • Offre de service de réemploi et réparation de machines (600 appareils par jour en moyenne).

Au-delà de ces initiatives visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre (-20 % sur la période 2009-2013), notre entreprise a fait le choix de viser la neutralité carbone dès la signature de l’Accord de Paris. Ainsi depuis 2 ans, nous compensons intégralement notre empreinte carbone à travers l’approche d’INSETTING. La solution consiste à financer la transition agricole dans les pays producteurs vers le modèle d’agroforesterie qui permet de coupler la culture de café avec la plantation d’autres arbres. Au-delà d’améliorer la qualité du café, de protéger l’environnement et d’assurer des revenus complémentaires aux caféiculteurs, ces arbres séquestrent les quantités de carbone équivalant aux émissions carbone de toutes les tasses Nespresso consommées en France. Le financement d’un tel projet revient à intégrer le prix carbone dans notre compte de résultat France.

Au niveau du Groupe Nespresso dans le monde, l’intégralité des émissions liées à nos opérations est compensée à travers les projets d’agroforesterie. D’autres projets d’adaptation des cultures de café sont menés en Indonésie et en Afrique (en partenariat avec l’ONG Technoserve et la Banque Mondiale). Entre 2014 et 2016, 5,7 millions d’USD ont été investis dans ces projets par Nespresso.

Exemple d’actions concrètes d’atténuation ou d’adaptation chez Nespresso

Pour aider les petits producteurs de café à s’adapter au dérèglement climatique et pérenniser ainsi la production de café de haute qualité, Nespresso a mis en place dès 2003 une démarche d’agroforesterie dans le cadre de son Programme Nespresso AAA pour une Qualité Durable co-conçu avec l’ONG Rainforest Alliance. Grâce à ce programme, plus de 70 000 producteurs de café dans 12 pays ont été formés aux pratiques agricoles durables, assurant ainsi une transition vers une agriculture bas carbone et plus respectueuse de l’environnement.

L’agroforesterie ayant depuis prouvé son efficacité, Nespresso France a choisi en 2015 de renforcer cette stratégie en plantant plus de 500 000 arbres par an au cœur des fermes de café en Colombie, au Guatemala et en Ethiopie, en partenariat avec PUR Projet, opérateur de projets agroforestiers. Ce projet permet de compenser les émissions carbones de chaque tasse de café Nespresso consommée en France. Cette performance est mesurée via un référentiel Reforestation solidaire par Ecocert.

La pratique d’agroforesterie procure de multiples bénéfices :

  • Des bénéfices sur le climat d’abord, puisque planter des arbres dans ces zones permet d’éviter l’érosion des sols, de mieux réguler les apports en eau, de préserver la biodiversité, en plus d’absorber le CO2 ;
  • Des bénéfices pour les petits producteurs de café ensuite, car en plantant ces arbres, ils profitent de revenus complémentaires liés à la vente du bois, des fruits et des épices. En Ethiopie aussi par exemple, l’agroforesterie a permis à certaines populations de diversifier leurs habitudes alimentaires.
  • De plus, ces arbres permettent d’augmenter les apports de nutriments dans les sols, et diminuent ainsi les besoins en engrais, ce qui permet de réduire les coûts des producteurs.
  • En parallèle, les arbres ayant un impact positif sur la qualité du café cultivé, Nespresso a ainsi plus de chances de l’acheter, sachant que l’entreprise paie 30 à 40 % plus cher que le prix du marché.

Au final, développer cette stratégie d’agroforesterie et de formation aux pratiques agricoles durables au cœur des fermes de café a permis de créer une filière café de très haute qualité et durable.