Deux ans après l’Accord de Paris, comment votre stratégie climat a-t-elle évolué pour tenir la trajectoire des 2° ?

GRDF est le principal distributeur de gaz naturel en France. Il gère le réseau de gaz, patrimoine des collectivités locales, au travers d’un contrat de concession. Depuis sa création en 2008, GRDF est fortement engagé sur les enjeux énergie-climat, transition énergétique et écologique et de valorisation des ressources énergétiques locales. GRDF accompagne les stratégies territoriales de l’énergie pour répondre à l’engagement de la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Le réseau de gaz a en effet un rôle clé à jouer pour favoriser la transition énergétique via :

  • L’efficacité énergétique, au travers des équipements gaz performants, dans tous les secteurs d’activité ;
  • Le développement des énergies renouvelables : par le couplage des équipements gaz aux ENR et par le développement de l’injection de gaz verts dans le réseau ;
  • Le développement de la mobilité durable par le recours au Gaz Naturel Véhicule (GNV) et bioGNV, carburants qui émettent peu de polluants atmosphériques.

Suite à l’accord de Paris, GRDF s’est mobilisé activement pour concrétiser l’objectif Français de 10 % d’injection de biométhane dans les réseaux à l’horizon 2030. Avec la montée en puissance des projets développés dans les territoires, GRDF estime qu’il est désormais possible de porter cet objectif à 30 %. GRDF s’investit activement avec les pouvoirs publics et les acteurs de la filière pour réunir les conditions favorables (techniques, économiques, réglementaires) à la concrétisation de cet objectif. L’ambition de GRDF est également renforcée sur le GNV avec un objectif de 25 TWh et 40 % de bio-GNV en 2030 (soit la multiplication par 8 du nombre de véhicules recourant à ce carburant).

GRDF s’investit également pour assurer une trajectoire de long terme compatible avec la limitation à 2°C du réchauffement climatique mondial. GRDF étudie avec l’Ademe et GRTgaz les conditions pour un gaz à 100 % renouvelable à l’horizon 2050. GRDF participe à des démonstrateurs sur de nouvelles voies de production de gaz verts comme la gazéification de la biomasse ou le power to gas permettant de produire du gaz de synthèse à partir d’électricité renouvelable excédentaire (projet Grhyd à Cappelle-la-Grande sur le territoire de la communauté urbaine de Dunkerque).

Exemple d’actions concrètes d’atténuation ou d’adaptation chez GRDF

Réduction des émissions directes de GRDF

Tous les 3 ans, une ACV (analyse de cycle de vie) est réalisée pour établir le bilan des impacts sur l’air (émissions de gaz à effet de serre, création d’ozone photochimique, acidification) et des consommations de ressources énergétiques dus à l’ensemble des activités de l’entreprise. Des programmes d’actions sont mis en œuvre pour réduire l’empreinte écologique des activités industrielles et tertiaires de GRDF : efficacité et sobriété énergétiques et hydrique des bâtiments, Plan de Déplacement d’Entreprise, éco-chantiers, développement de la mobilité au GNV, sensibilisation des salariés aux éco-gestes, etc. GRDF agit pour intégrer ces enjeux dans son système de management, au-delà de la conformité réglementaire. Il s’agit de créer les conditions d’une évolution de l’organisation, des pratiques de travail et des comportements individuels et collectifs au sein de l’entreprise.

Le Développement de l’injection de gaz verts dans les réseaux est au cœur de la stratégie de GRDF

Le biométhane est un gaz 100 % renouvelable. Produit localement par la dégradation des déchets organiques grâce à un procédé de méthanisation, il présente les mêmes qualités que le gaz naturel et peut-être injecté dans le réseau de distribution. Ses utilisations sont similaires à celles du gaz naturel : chauffage, eau chaude sanitaire, cuisson, électricité ou encore carburant. Cette filière est une illustration concrète du concept d’économie circulaire : les déchets d’un territoire deviennent une ressource pour ce même territoire, réduisant d’autant les émissions de gaz à effet de serre et le recours aux énergies fossiles. A la clé : la création d’emplois non délocalisables, la production d’une énergie renouvelable et d’engrais organique. La méthanisation marque le début de l’ère du gaz renouvelable : différentes filières de production sont actuellement étudiées en Recherche & Développement. Elles sont complémentaires, avec des potentiels qui s’additionnent.

Aujourd’hui, la filière biométhane est une réalité :

  • 42 sites injectent du biométhane dans l’ensemble des réseaux de gaz ;
  • Multiplication par 3 de la quantité de biométhane injectée dans les réseaux depuis 2015 ;
  • La France 5ème producteur européen de biométhane à fin 2016 ;
  • 300 projets supplémentaires inscrits en file d’attente de raccordement, soit une capacité d’injection de 6,5 TWh/an correspondant à 2 % de la consommation française de gaz naturel.

Le développement de la mobilité durable au service de la qualité de l’air

Le gaz carburant, ou Gaz Naturel Véhicule (GNV), utilisé comme carburant pour les automobiles permet aussi de réduire les émissions d’oxyde d’azote et de particules fines par rapport au diesel. Grâce à son réseau d’interlocuteurs en région, GRDF accompagne les porteurs de projet et s’engage afin de favoriser le développement du GNV pour les flottes de véhicules, les transports en commun et les transports de marchandises. GRDF s’investit également pour promouvoir le biométhane carburant (BioGNV) qui réduit très significativement les émissions de gaz à effet de serre par rapport au gazole et à l’essence tout en constituant une solution pour les déchets.

Crédit Photo Agribiomethane