Tandis que le salon « CSE 2018 » (Consumer Electronic Show) se termine, concentrant à Las Vegas des centaines de startups spécialistes des nouvelles technologies et autant d’innovations, nous nous sommes penchés sur l’un des grands axes de réflexion de ce salon : l’Intelligence Artificielle (IA). Comment l’IA pourrait-elle permettre aux entreprises de réduire leur impact environnemental ? Découvrez le potentiel de l’IA et les programmes développés par les géants comme IBM, Microsoft et Google.

L’Intelligence Artificielle a pour but de permettre à une machine d’exécuter des fonctions normalement associées à l’intelligence humaine : compréhension, raisonnement, dialogue, adaptation et surtout apprentissage appelé « Deep Learning ». Les avancées dans ce domaine ont mis à jour un potentiel d’usages éveillant de nombreux débats. Toutefois, des géants comme Google, Microsoft et IBM s’accordent à dire que l’IA pourrait être un outil précieux dans la sauvegarde de notre planète et ont lancé respectivement des programmes de développement.

L’Intelligence Artificielle peut-elle apporter des solutions aux enjeux environnementaux ?

Chaque jour, 2,5 trillions d’octets de données sont générées. La croissance exponentielle de nos données est telle que 90% des données mondiales ont été créées au cours des deux dernières années. Ces données sont de natures diverses : capteurs, messages sur les sites des médias sociaux, images numériques et vidéos publiées en ligne, enregistrements transactionnels d’achats en ligne ou encore signaux GPS de téléphones mobiles, etc. Appelées Big Data, ces données représentent des volumes massifs qui sont de véritables mines d’or pour les entreprises. L’intelligence artificielle, par sa capacité à traiter la Big Data et à apprendre des modèles de données, a un potentiel certain dans le développement d’actions environnementales.

Cependant, lorsqu’on parle d’IA, il n’est pas rare de susciter de grandes inquiétudes quant aux dérives possibles. Dans l’imaginaire collectif, l’IA rime avec dystopie, dictature du contrôle ou aliénation de l’homme par la machine. Toutefois, de nombreuses solutions concrètes aux enjeux climatiques voient le jour et sont en phase d’expérimentation. En effet, grâce à sa capacité intrinsèque à traiter les données, l’IA peut optimiser les processus existants et édifier de nouveaux modèles et usages.

L’un des emplois envisagé est l’optimisation de l’utilisation des ressources naturelles en entreprises avec notamment une automatisation de l’analyse des consommations énergétiques. En ce sens, la grande qualité de l’IA est de faciliter la rationalisation du développement durable. Le capteur de pollution d’IBM permet par exemple des mesures en temps réel de la qualité de l’air et pourra être utilisé pour l’expérimentation de solutions et de leurs impacts. Le programme OmniEarth, en phase d’expérimentation en Californie, permet quant à lui l’amélioration de la répartition de l’eau entre les terres dans les zones en stress hydrique. Les premiers résultats montrent que la cartographie et l’analyse de l’IA ont permis une réduction de 15% de consommation d’eau.

Microsoft, IBM et Google à la conquête de l’Intelligence Artificielle

Microsoft a lancé en juillet 2017 le programme « AI for Earth », et annoncé lors du One Planet Summit un budget supplémentaire de 50 millions de dollars pour le financement du programme. L’objectif de ce programme est de démocratiser l’accès aux données du climat pour les universitaires, ONG et entreprises spécialisées dans les enjeux environnementaux (climat, agriculture, eau et biodiversité). Les structures choisies auront à disposition des ressources informatiques et notamment des algorithmes d’IA pour étudier leurs modèles de données. L’IA pourrait entre autres : optimiser les prises de mesures, identifier des corrélations, faire des projections plus précises et proposer de nouvelles solutions en prenant en considération de nombreuses variables.

En parallèle, Microsoft travaille déjà sur une IA permettant aux agriculteurs d’utiliser moins de ressources et de veiller à la diversité des espèces : « Nous devons rendre la comptabilité des émissions de carbone bien plus semblable à la comptabilité financière qui évolue en temps réel. », déclare Rob Bernard, responsable de la stratégie environnementale chez Microsoft. « Nous travaillons sur des logiciels qui permettront aux associations, aux villes et états, de mesurer leurs émissions tous les cinq minutes plutôt que tous les ans. »

En ce qui concerne Google, son programme « AlphaGo » a fait une nette avancée en 2017. Même s’il n’a pas encore d’application dans la vie quotidienne, AlphaGo est une démonstration de force pour DeepMind, propriété de Google. Après avoir battu les meilleurs joueurs de Go de la planète, l’IA a triomphé d’un des meilleurs programmes de jeux d’échec, après seulement quatre heures d’apprentissage. En parallèle, DeepMind développe une IA capable de limiter les déperditions énergétiques dans les data centers de Google.

Enfin IBM possède le programme d’IA « Watson » dont le but est de répondre à des questions formulées en langage naturel. Il est capable de saisir le sens d’une phrase et de rechercher des réponses à une question dans sa base de données. Bon à savoir, une version libre d’IBM Watson est à l’étude dans l’institut technologique de Géorgie. Le programme est entraîné à apporter des réponses aux problèmes environnementaux. Ce système est en permanence confrontée à des articles de recherche, ce qui lui permet de répondre aux questions et d’établir des relations entre les phénomènes naturels et les usages humains. En modélisant mathématiquement ces phénomènes naturels qui lui sont suggérés, elle peut en tirer des utilisations possibles par le biais du biomimétisme. Par ce biais, cet outil à vocation à devenir un véritable assistant de recherche. Les prochaines innovations seront-elles tirées de cette intelligence ? L’avenir nous le dira !