Quand la Chine décide de répondre à ses besoins énergétiques en déployant ses investissements en énergies solaires, c’est les investissements mondiaux en énergies renouvelables qui s’en trouvent dopés. Alors quand le pays change de politique, tout le secteur s’en trouve impacté.

La Chine investit dans l’énergie solaire

Les énergies renouvelables représentent un secteur d’avenir : en plus de lutter contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, elles génèrent de nouvelles activités, des emplois et donnent la possibilité aux acteurs économiques d’envisager de répondre à leurs besoins énergétiques dans le temps (les énergies vertes étant considérées comme reconstituables plus rapidement dans le temps qu’elles ne sont consommées).

La Chine a bien compris où était l’enjeu pour faire face à ses besoins énergétiques. En 2017, le pays met en oeuvre un plan de développement de l’énergie solaire avec des achats en panneaux photovoltaïques et thermiques à hauteur de 86,5 milliards de dollars. Considérable, le montant du budget énergétique alloué par la Chine au solaire a dopé les investissements mondiaux qui se sont élevés la même année à 162,192 milliards de dollars.

L’énergie solaire a alors connu son heure de gloire, et la Chine est devenue la championne incontestable du solaire dans le monde puisqu’elle détient encore à l’heure actuelle un quart des installations mondiales et est à l’origine de la fabrication de plus de la moitié des panneaux solaires commercialisés dans le monde. En trois mois l’Empire du Milieu a installé un nombre de panneaux thermiques et photovoltaïques capables de produire autant d’énergie que la France en un an. L’exemple de la Chine a de plus entraîné dans son sillage des investissements grandissants de la part des européens – avec l’Allemagne, l’Italie et la Belgique en tête – et de son voisin japonais.

Quand la Chine se désengage du solaire, les investissements mondiaux chutent

La République Démocratique de Chine a atteint avec trois ans d’avance les objectifs qu’elle s’était fixée pour 2020, aussi ses investissements en 2018 ont-ils pâtis de ces bons résultats. En marge de ce phénomène local, la hausse des investissements en production photovoltaïque et thermique dans le monde a également entraîné une hausse de l’offre mondiale et par conséquent une baisse du coût des panneaux solaires. Ces deux phénomènes combinés ont conduit à la division par deux du montant des investissements chinois, les réduisant à 40,4 milliards de dollars en 2018.

Le recul des investissements chinois a fait chuter le dynamisme économique du secteur de l’énergie solaire, puisque les investissements ont chuté de 24% entre 2017 et 2018. Les pays qui eux continuent d’investir, comme l’Inde, continuent d’alimenter l’investissement mondial tout en bénéficiant de la baisse du coût en capital des panneaux solaires. Le pays a le ratio coût d’investissement / mégawatt le plus avantageux du monde avec notamment le financement d’une centrale de 709 mégawatts (MW) pour environ 500 millions de dollars en 2018.

Les énergies renouvelables : une croissance en hausse constante mais toujours insuffisante

La diminution des investissements en énergie solaire a fait reculer les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables de 8%, les faisant passer de 398,52 en 2017 à 332,1 milliards de dollars en 2018. Néanmoins malgré cette baisse de croissance générale, les énergies renouvelables ont toujours le vent en poupe. Les investissements mondiaux dans l’énergie éolienne par exemple ont connu une croissance de 3% pour atteindre 128,6 milliards de dollars en 2018. L’éolien offshore en particuliers connaît une forte croissance (+14%). L’Allemagne et le Royaume-Unis (l’Europe) demeurent des acteurs de premier rang, mais c’est la Chine qui va venir soutenir les investissements mondiaux et les porter à la hausse. En effet, après le solaire, la Chine continue sa quête d’énergie durable pour répondre à ses besoins énergétiques, et son choix s’est porté sur le développement de l’éolien avec la création de 13 parcs prévus en un an.

Par ailleurs, les autres énergies renouvelables (l’hydraulique, la biomasse, la géothermie et les biocarburants) ne sont pas en reste, puisque les investissements sur ces secteurs ne cessent de croître. Les énergies renouvelables représentent aujourd’hui 19% de l’énergie consommée dans le monde selon une étude du CNRS et continuent donc de se développer. Et puisque le poids de certains géants tend à faire fortement fluctuer les tendances mondiales, espérons que ce soit à la hausse, car pour l’heure les énergies fossiles représentent 78,2% de l’énergie consommée dans le monde.