Interview de Fabrice Bonnifet précédemment publiée sur AEF info.

Quel sentiment prévaut chez les Directeurs Développement Durable en ce moment ?

Fabrice Bonnifet : C’est assez paradoxal. On sent que ça foisonne ! C’est plein d’espoirs, plein d’initiatives… La finance s’y met, les entreprises sont de plus en plus sincères dans leur démarche. Au niveau français existe tout un faisceau d’indices : la loi Pacte, la feuille de route économie circulaire, le devoir de vigilance… Mais au niveau international, la situation est plus inquiétante, en raison du recul de certains États quant à leur volonté de prendre en compte la question climatique. On perd du temps que l’on va regretter.

Pouvez-vous nous rappeler rapidement votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a amené à ce poste chez Bouygues ?

Fabrice Bonnifet : Je suis chez Bouygues depuis 29 ans, où j’ai longtemps assuré des fonctions qualité, sécurité et environnement. Il y a onze ans, Martin Bouygues a souhaité structurer notre démarche développement durable et mieux coordonner les actions des différents métiers de Bouygues (construction, immobilier, routes, média, télécom).

Sous la responsabilité directe de son frère Olivier Bouygues, directeur général délégué du groupe, ma mission est de coordonner et d’accompagner la démarche, afin de faire évoluer les modèles économiques et les solutions business. Au démarrage j’ai passé beaucoup de temps à comprendre l’origine des contraintes structurelles qui freinent l’évolution de nos solutions commerciales et à expliquer les données à prendre en compte pour réellement mettre en œuvre des actions crédibles aux yeux des parties prenantes. Nous avons sollicité des personnalités inspirantes, des scientifiques notamment, qui nous ont sensibilisé sur le fonctionnement des éco-systèmes et la dimension finie des ressources qui sont à la base de tous les modèles économiques.

Ce poste est exaltant car nous savons « pourquoi » il est important d’agir maintenant. On se sent utile en tant que DDD, mais on voit bien qu’il y a de l’inertie, de la résistance, ainsi que des injonctions paradoxales voire de la schizophrénie ! Nous sommes dans une espèce de machine à laver, pas toujours facile à vivre au quotidien. Tout le monde est pour le progrès généralement, et le développement durable en est un, mais contre le changement.

Quelles sont les compétences requises pour devenir un bon Directeur Développement Durable ?

Retrouvez la suite de l’interview sur AEF Info.