Dans le monde de la banque et de l’assurance, la RSE couvre un périmètre large et des problématiques diversifiées et en pleine évolution. Le point avec Stanislas POTTIER, Responsable du développement durable de Crédit Agricole SA.

Que représente la RSE au sein du Crédit Agricole ?

Nous avons considérablement réfléchi aux enjeux de la RSE pour une banque et un assureur. Ils prennent un aspect particulier pour le Crédit Agricole, Groupe aux fondements coopératifs et mutualistes, fortement implanté en France et à l’international, et qui couvre l’ensemble des métiers de la banque et de l’assurance. Depuis 2 ans, nous réalisons un baromètre afin de mieux connaître les attentes RSE de nos clients, de nos collaborateurs et d’autres parties prenantes importantes, qui nous aide aussi à ajuster notre stratégie et nos priorités. En parallèle, nous nous efforçons d’intégrer la RSE à l’ensemble de nos activités, produits et services. L’enjeu est de démontrer que l’intégration de la RSE à tous les niveaux contribue à la performance globale de l’entreprise et crée de la valeur dans la durée, dans un environnement volatile, complexe et contraint.

Quels sont les sujets RSE sur lesquels vous vous concentrez ?

La digitalisation du monde bancaire pousse les banques à réinventer la relation client en modulant le contact physique avec le digital. Le Crédit Agricole a choisi de maintenir ses réseaux humains et de prôner le « 100% digital, 100% humain ». La digitalisation implique une vigilance particulière sur l’utilisation des données personnelles, un sujet sensible soulevé par la majorité de nos clients et de nos collaborateurs dans notre baromètre RSE.

Depuis 2015, nous avons mis l’accent sur les questions relatives au climat et au rôle que les entreprises doivent jouer dans la transition énergétique et écologique. La société attend beaucoup des banques qui financent l’économie et qui ont un pouvoir prescripteur décisif. Nous avons, d’ailleurs, été pionniers dans cette démarche : nous sommes le leader mondial des obligations vertes et nous avons été les premiers à initier un désengagement relatif et progressif des énergies fossiles en décidant de ne plus financer les mines de charbon dans le monde ou les centrales thermiques à charbon dans les pays riches, pour investir plutôt dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le traitement de l’eau et des déchets. Au-delà de la finance climat ou finance verte, la RSE est un véritable vecteur d’innovation, car elle nous pousse à envisager nos métiers et nos produits sous un nouvel angle et apporter des réponses plus pertinentes pour nos clients et plus en adéquation avec notre environnement.

Quels sont les enjeux auxquels vous êtes confrontés ?

Une entreprise de services doit pouvoir faire preuve de résilience en sachant attirer et retenir les talents, optimiser sa gestion des carrières, de l’employabilité et des questions liées à la mixité et à la diversité. Au Crédit Agricole, je dispose d’une petite équipe avec laquelle j’anime un réseau d’environ 150 personnes, sur un groupe de plus de 140 000 personnes. C’est petit mais suffisant ; l’enjeu est que l’ensemble des métiers intègrent et s’approprient la RSE.

Interview publiée dans ESCP Europe Magazine #168 sept-oct 2016.