Mercredi 5 septembre dernier, une vingtaine de membres du C3D étaient réunis autour d’Antoine Cadi (Directeur innovation, CDC Biodiversité) et Laurent Piermont (Directeur adjoint de la Stratégie, Caisse des Dépôts) pour parler du sujet de la relation entre la nature et la ville. Retour sur cet exposé à deux voix et échanges, animés par Martine Jauroyon (Directrice transformation métiers et RSE, Egis).

Canicules à répétition, incendies, lancement du mouvement Act4Nature… l’actualité nous prouve l’importance de nous retrouver lors d’une soirée prospective C3D pour échanger sur le sujet de la nature en ville.

Un constat : l’urbanisation sans fin

En 2050, 6,3 milliards d’habitants vivront en ville, contre 3,5 milliards en 2010. La surface occupée par l’habitat est passée de 2,5 % à 4,5 % du territoire français de 1981 à 2014. Problème : les villes augmentent mais ne se densifient pas. Avec ses plus de 21 000 d’habitants par km2, Paris est d’ailleurs l’une de villes les plus denses d’Europe.

Et ce n’est pas nouveau, l’extension des villes perturbe les écosystèmes ! Cela implique de nombreux enjeux, notamment sur la conservation de la biodiversité :

  • Disparition d’habitats ;
  • Climat urbain ;
  • Dégradations esthétiques ;
  • Inondations ;
  • Pollutions ;
  • Fragmentation écologique ;
  • Ilots de chaleur ;

Cet été est le meilleur exemple… la canicule a fait des ravages à Paris.

Une nouvelle relation ville-nature

L’Homme a toujours voulu mettre de la nature dans les villes. Des espaces récréatifs (jardins), nous sommes passés à des éléments décoratifs. Aujourd’hui, de nouvelles représentations et attentes sont apparues : préserver la biodiversité, recherche d’une qualité de vie, etc.

En réponse à cette demande, les aménageurs intègrent la nature en ville (cités jardins, écoquartiers, villes vertes, murs et terrasses végétales, jardins partagés…) et dessinent de nouveaux espaces conduisant à un urbanisme à biodiversité positive (le fait de construire sans nuire à la biodiversité, ou en la favorisant).

De nombreuses innovations existent mais les modèles « ville-nature » qui s’imposeront seront ceux qui répondront à la demande des citadins-citoyens, s’intégreront à l’économie urbaine et seront créateurs d’opportunités !

Financement : est-ce que la nature en ville paye sa place ?

Pas complétement… mais la nature rend des services tangibles (régulation thermique et hydrique, séquestration du carbone, préservation de la biodiversité…). Une partie de ces services sont difficiles à valoriser, d’autres sont plus significatifs. Une toiture végétalisée bien conçue peut être rentabilisée par l’économie thermique et la préservation de l’étanchéité du toit par exemple.

De plus, les bénéfices les plus convaincants sont ceux liés à la qualité de vie :

  • Attractivité du territoire.
  • Créations d’emplois.
  • Prise de valeur de l’immobilier : le prix de l’immobilier augmente avec la proximité d’un parc ou espace vert (2 à 10 % selon la distance et la nature de l’espace vert).

A Choisy le Roi par exemple, la résidence « Les Folies » a été totalement réhabilitée avec pour objectif d’améliorer le cadre de vie, de créer du lien social et de favoriser la biodiversité. Pour cela, un travail de consultation a été fait avec les habitants. Le résultat a été concluant : satisfaction des habitants, baisse des incivilités, baisse du taux de dégradation, etc.

De nouvelles relations entre ville et nature sont en train de s’inventer. Les citoyens veulent vivre en ville… avec la nature. Nous sommes donc amener à inventer de nouvelles solutions. Aujourd’hui, une floraison d’initiatives existent et sont à découvrir.