Article précédemment publié sur le compte Linkedin de Sophie Chambon.

La crise du coronavirus, qui éprouve l’ensemble du monde sans considération sociale, politique ou économique, révèle l’ampleur des dégâts causés par la maltraitance que nous infligeons à notre planète depuis 150 ans. Nous constatons chaque jour l’effet boomerang de nos modes de vie. En dépit d’une prise de conscience citoyenne, des cris d’alarme des ONGs, des études scientifiques, nous persistons dans des actions qui ne sont pas à la hauteur des enjeux d’un développement durable pour tous. Et nous demeurons obstinément dans des modes de pensée, de comportement et de fonctionnement qui sont incompatibles avec la survie de notre patrimoine vital.

Depuis de nombreuses années, les directions de la RSE ont conscience de ces enjeux. Elles ont compris très tôt, le rôle majeur que l’entreprise devait jouer et les bénéfices qu’elle et la société dans son ensemble pourraient en retirer. Bien que tenues éloignées des arcanes du pouvoir, elles n’ont jamais cessé de se battre pour tenter d’influer sur les décisions de l’entreprise. Sans relâche et avec l’énergie de la conviction, elles ont essayé de se faire entendre, en y parvenant parfois. Elles ont plus récemment acquis leurs lettres de noblesse. A la faveur d’une direction générale convaincue, certaines d’entre elles ont même pu réaliser des avancées majeures envoyant un signal fort au marché et montrant une voie inspirante à bien d’autres entreprises.

Aujourd’hui, en dépit des signaux alarmants et récurrents affectant la performance de l’entreprise (crises financières, événements climatiques extrêmes, crises sanitaires, risques dans la chaine d’approvisionnement, épuisement des ressources…) rares sont les dirigeants qui ont factuellement mis le développement durable au cœur du processus de décision. Beaucoup d’entre eux se déclarent pourtant convaincus du rôle stratégique de ce sujet et s’engagent publiquement dans des actions louables. Mais combien d’entre eux se sont dotés d’une direction RSE robuste et influente ? Combien la consultent pour nourrir leur stratégie et orienter leurs décisions ? Combien allouent un budget significatif à même de conduire des actions impactantes ? Combien sont allés jusqu’à créer une direction de la RSE directement rattachée à la présidence ? Combien ont fait de la directrice ou du directeur RSE un membre du COMEX au même titre que les directions financières ou stratégiques par exemple ? Combien de directions RSE figurent aux comités d’administration ?

Si de telles décisions étaient prises maintenant, elles devraient contribuer à changer la donne. Il est l’heure de réfléchir et d’agir en pleine conscience des enjeux de développement durable. La direction RSE est le chaînon manquant qui doit permettre de nous réconcilier avec notre avenir. Elle doit être mise au centre des réflexions et actions des décideurs.

J’invite donc tous les dirigeants, quelle que soit la taille de l’entreprise qu’ils dirigent, quel que soit le secteur d’activité public ou privé dans lequel ils opèrent, à faire de la direction RSE une fonction stratégique disposant du pouvoir et des moyens à la hauteur des enjeux qui nous font face.