Des panneaux solaires sur les toits, des bâtiments à énergie positive, des véhicules propres dans les rues… Voilà à quoi pourrait ressembler Paris, ville lumière, d’ici 2050 ! Ce scénario d’une cité « neutre en carbone » s’appuie sur une vaste étude prospective réalisée par le groupement Elioth (groupe Egis), Quattrolibi et Mana pour le compte de la Mairie de Paris.

Cette étude est une source foisonnante d’opportunités, de défis, de questionnements, d’innovations, de trajectoires, d’idées, de récits. Ont été explorées les ramifications de l’objectif de neutralité carbone sur 34 ans, dans tous les domaines de l’activité humaine : logement, transports, énergie bien sûr, mais aussi déchets, alimentation, culture et loisirs, modèles économiques, systèmes agronomiques et de biodiversité. Pour y parvenir, tout un bouquet de solutions possibles a été proposé. La conclusion est univoque : we can do it !

Retour sur les conclusions de cette étude intitulée « Paris change d’ère » : 33 ans pour agir

Trente ans pour parvenir à la neutralité carbone en 2050, Paris en est capable. Pour cela, les chantiers sont nombreux et ambitieux :

  • Adoption de nouveaux usages de mobilité : covoiturage, auto partage, vélo, marche, télétravail pour atteindre 95 % de réduction d’émissions liées au carbone, etc.
  • Adoption de régimes alimentaires « demitariens », qui prévoient quelques écarts par rapport au végétarianisme mais s’inscrivent dans une démarche privilégiant le végétarien, le local et les produits de saison.
  • Rénovation massive du parc de logements et de bâtiments tertiaires.
  • Report des flux logistiques vers la Seine.
  • Migration du mix énergétique vers le 100 % renouvelable…

Toutes ces transformations requièrent une évolution simultanée d’usages et d’infrastructures tout en soulevant la question du financement. Pour réussir, il faut donc réserver à cet objectif de neutralité carbone la place qui est la sienne : centrale, essentielle, vitale !

Une mobilisation globale pour atteindre la neutralité carbone

Ce programme ne s’annonce pas sans heurt, sans opposition, et il serait naïf de penser à une adhésion spontanée et universelle. Les majorités municipales des mandats à venir ne seront sans doute pas toutes du même bord. Charge aux citoyens d’assurer que les villes poursuivront les efforts et qu’elles feront campagne pour apporter les meilleures solutions pour atteindre la neutralité carbone.

Paris fonde son espoir de réussite dans sa culture, son patrimoine, son histoire et ses entreprises, mais surtout dans sa population. Avec le réseau d’ambassadeurs du climat, ces Parisiens déjà largement actifs et engagés, ces jeunes pour qui nous nous devons de réussir la transition, ces artistes prêts à organiser fêtes, banquets et autres journées sans voiture, Paris se mobilise.

Paris… mais pas que !

Les chantiers dépassent aujourd’hui de loin les domaines de compétences de la seule Mairie de Paris. Cela tombe bien, Paris n’est pas seule et dispose d’alliés essentiels dans cette transition. En tant que ville hôte de la COP21 et en tant que présidente du réseau mondial de villes C40, Paris peut mobiliser un très grand nombre de villes autour de son ambition. Ensemble, ces villes peuvent et doivent mutualiser leurs achats, leurs commandes, elles peuvent partager leurs méthodes et études et synchroniser leurs décisions, notamment celles qui seront les plus lourdes à mettre en œuvre.

Ce n’est ainsi pas seulement Paris qui pourrait décider d’interdire le diesel en 2020, mais les maires de villes réunissant plusieurs centaines de millions d’habitants, donnant ainsi un signal déterminant aux industriels : les marchés de demain se décident aujourd’hui et ils appellent une coopération entre acteurs économiques, entre villes, entre citoyens.

Le rapport complet « Paris Change d’ère » est à télécharger

Composé de plus de 360 pages, ce document décline le récit sous plusieurs formes thématiques :

  • La section 1 retrace le défi auquel nous avons à répondre ;
  • La section 2 présente la vision de Paris en 2050 (les grands chantiers, les dates clés, etc.) ;
  • La section 3, s’adressant davantage aux professionnels des différentes thématiques, aborde le récit de la neutralité carbone. On y retrouve d’ailleurs un récit sociologique (3.2) dressant les portraits de 18 personnages. Serez-vous plutôt Camille, Eric, Monique ou Thierry ? Sensible, pragmatique ou militant ?

Retrouvez l’intégralité de l’étude en Français et en Anglais, ainsi que le site dédié.